Lors du Conseil des Ministres du 5 janvier 2026, le Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, a instruit l’ensemble des membres du Gouvernement de lui soumettre, dans un délai d’un (1) mois, une feuille de route des cent (100) jours. Ces documents stratégiques s’inscrivent dans le cadre du projet de société présidentiel « Bâtissons des édifices nouveaux », du Plan National de Croissance et de Développement (PNCD) ainsi que du Plan d’Action Gouvernemental (PAG).
À cet effet, l’ensemble des feuilles de route a été présenté au Chef de l’État le 4 février 2026par le Vice-Président du Gouvernement, Hermann IMMONGAULT, lors d’une audience tenue au Palais présidentiel.
C’est dans cette dynamique que le ministère des Eaux et Forêts, de l’Environnement et du Climat a présenté ses priorités, en mettant en avant une approche basée sur le contrôle, la structuration et la valorisation des ressources naturelles.
AXE 1 : RENFORCEMENT DE LA GOUVERNANCE FORESTIÈRE
Pour ce premier axe, le ministre de tutelle Maurice NTOSSUI ALLOGO insiste sur un point central : sans maîtrise des forêts, il ne peut y avoir de souveraineté nationale.
Les actions prioritaires :
– mise en place d’un système de contrôle renforcé des activités forestières ;
– lutte contre les fausses déclarations dans l’exploitation du bois ;
– digitalisation et centralisation des données forestières ;
– amélioration de la transparence dans la gestion des ressources.
Vision du ministre :
Passer d’un système déclaratif à un système de contrôle réel pour mieux protéger les ressources.
Enjeux :
– Assurer la souveraineté forestière
– Lutter contre la fraude et la corruption
– Optimiser les recettes de l’État
AXE 2 : MISE EN PLACE DU SYSTÈME NATIONAL DE TRAÇABILITÉ DU BOIS
C’est l’une des réformes majeures des 100 jours.
Les mesures :
– suivi du bois de la coupe jusqu’à l’export (grume , transformation , port) ;
– géolocalisation (GPS) des exploitations forestières ;
– harmonisation des données entre Eaux et Forêts et Douanes ;
– détection automatique des anomalies.
Objectif clé :
Mettre fin aux incohérences entre production réelle et recettes déclarées.
Constat du ministre :
Les volumes déclarés ne reflètent pas la réalité.
Enjeux :
– Augmenter les recettes publiques
– Fiabiliser les données forestières
– Renforcer le contrôle de l’État
AXE 3 : INDUSTRIALISATION ÉCOLOGIQUE DE LA FILIÈRE BOIS
Le ministère veut transformer la filière bois en levier économique durable.
Les priorités :
– développement d’unités de transformation du bois à faible empreinte carbone ;
– promotion de l’énergie solaire dans l’industrie forestière ;
– valorisation locale des ressources ;
– amélioration de la compétitivité des produits gabonais.
Vision :
Produire plus, transformer localement, et réduire les coûts énergétiques.
Enjeux :
– Créer de la valeur ajoutée locale
– Réduire l’empreinte carbone
– Renforcer la compétitivité internationale
AXE 4 : CRÉATION D’EMPLOIS ET LUTTE CONTRE L’EXODE RURAL
Le ministre met l’accent sur l’impact social de la politique forestière.
Les actions :
– implantation d’industries en zones rurales (: Lastourville) ;
– création d’emplois locaux ;
– maintien des jeunes dans leurs localités d’origine ;
– développement de nouvelles compétences énergie, maintenance,
industrie).
Vision :
Utiliser l’industrie forestière pour fixer les populations en province.
Enjeux :
– Réduire l’exode rural
– Dynamiser les économies locales
– Favoriser l’emploi des jeunes
AXE 5 : PROTECTION DE LA BIODIVERSITÉ ET GESTION DURABLE
La protection du vivant est au cœur de l’action ministérielle.
Les mesures :
– renforcement des dispositifs de surveillance ;
– encadrement de la chasse ;
– protection des espèces menacées ;
– gestion durable des ressources naturelles.
Principe clé :
« C’est ce que l’on utilise que l’on protège le mieux. »
Enjeux :
– Préserver les écosystèmes
– Maintenir l’équilibre écologique
– Valoriser durablement les ressources
AXE 6 : ORGANISATION DE LA FILIÈRE VIANDE DE BROUSSE
Plutôt que d’interdire, le ministère choisit de structurer.
Les actions :
– délivrance de permis de chasse ;
– agrément des chasseurs ;
– mise en place de circuits contrôlés de commercialisation ;
– contrôle sanitaire des produits.
Objectif :
Encadrer une pratique culturelle tout en réduisant les risques.
Enjeux :
– Générer des revenus
– Réduire les risques sanitaires
– Préserver les espèces protégées
AXE 7 : GESTION DU CONFLIT HOMME-FAUNE
Le conflit homme-faune, notamment avec les éléphants, est reconnu comme une
priorité.
Les réponses :
– installation de barrières électriques ;
– renforcement des brigades d’intervention ;
– recours aux battues administratives ;
– indemnisation des victimes.
Mesures concrètes :
– 10 millions FCFA pour les victimes décédées
– 2 millions FCFA pour les blessés
Vision :
Protéger les populations tout en conservant la biodiversité.
Enjeux :
– Sécuriser les zones rurales
– Protéger les cultures
– Maintenir la cohabitation homme-faune
AXE 8 : RÉFORME ET RECRUTEMENT DES RESSOURCES HUMAINES
Le ministère restructure ses effectifs.
Les priorités :
– intégration progressive des anciens élèves des Eaux et Forêts ;
– recrutement d’écogardes ;
– transformation vers un statut paramilitaire ;
– renforcement des capacités opérationnelles.
Vision :Professionnaliser et sécuriser les métiers de la conservation.
Enjeux :
– Renforcer la surveillance du territoire
– Offrir des emplois durables
– Améliorer l’efficacité opérationnelle
AXE 9 : GESTION DES DÉCHETS ET ENVIRONNEMENT URBAIN
La fermeture de la décharge de Mindoubé est une urgence.
Les actions :
– fermeture progressive du site (délai de 6 mois) ;
– mise en place d’un centre de traitement et de valorisation des déchets ;
– coordination interinstitutionnelle ;
– implication de nouveaux opérateurs.
Vision :
Passer d’une décharge à une logique de valorisation des déchets.
Enjeux :
– Réduire la pollution
– Améliorer le cadre de vie
– Moderniser la gestion des déchets
Cette démarche s’inscrit dans la volonté du Chef de l’État qui ambitionne de
faire du Gabon un modèle de gestion durable des ressources, un leader de la lutte contre le changement climatique et un pays capable de concilier écologie, économie et souveraineté.
L’objectif est clair :
protéger le capital naturel tout en le transformant en levier de développement.

