Face à la progression des cybermenaces, le Gabon entend renforcer la protection de son espace numérique. Plus de 900 000 alertes d’intrusion ont été enregistrées au cours des soixante derniers jours, certaines présentant un niveau de criticité jugé très élevé. Ces chiffres traduisent l’intensification des risques auxquels sont désormais exposés les systèmes d’information et appellent à une mobilisation accrue de l’ensemble des acteurs.
Dans ce contexte, le ministre de l’Économie Numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark-Alexandre Doumba, a appelé, dans un communiqué officiel publié le lundi 7 septembre 2026, les administrations publiques, les entreprises et les citoyens à redoubler de vigilance face aux tentatives d’intrusion, aux actes de cybercriminalité et aux différentes formes de fraude numérique.
Pour le membre du Gouvernement, la cybersécurité ne saurait être réduite à une problématique exclusivement technique ou réservée aux spécialistes de l’informatique. Elle constitue désormais un enjeu collectif qui concerne tous les utilisateurs des outils et services numériques, qu’il s’agisse des ordinateurs, des téléphones, des messageries électroniques ou des plateformes en ligne. « La cybersécurité ne relève pas uniquement des spécialistes de l’informatique, elle constitue désormais une responsabilité collective », a rappelé Mark-Alexandre Doumba.
L’ampleur des alertes enregistrées vient illustrer cette nécessité. En l’espace de deux mois, plus de 900 000 alertes d’intrusion auraient ainsi été recensées sur les systèmes concernés, dont certaines classées à un niveau « très critique ». Une situation qui témoigne de la pression croissante exercée sur les infrastructures numériques et de la nécessité d’adapter en permanence les mécanismes de protection.
Cette réalité s’est également traduite par plusieurs incidents récents. Fin août 2026, le Conseil gabonais des chargeurs (CGC) a notamment été prCésenté comme une cible d’une attaque revendiquée par le groupe de rançongiciel Krybit, accompagnée d’une menace de divulgation de données. Cet épisode rappelle la vulnérabilité des organismes dont les activités reposent de plus en plus sur des plateformes et services numériques.
À travers ses services en ligne, notamment sa plateforme GECOP 2.0 destinée aux opérateurs du commerce et du transport, le CGC illustre la transformation progressive des administrations et organismes publics. Cette digitalisation améliore l’accès aux services et leur efficacité, mais accroît parallèlement la nécessité de protéger les infrastructures, les données et les utilisateurs.
Pour les pouvoirs publics, l’enjeu est désormais de changer de paradigme. Il ne s’agit plus seulement de réagir après la survenue d’une attaque, mais d’anticiper les risques, d’identifier les vulnérabilités et de renforcer les capacités de prévention. Cette orientation doit notamment s’appuyer sur des mécanismes plus performants d’audit, de contrôle, de protection, de surveillance et de réponse aux incidents.
Cette volonté s’inscrit dans un cadre réglementaire progressivement consolidé. Le Gabon dispose depuis 2023 de la loi n°027/2023 relative à la réglementation de la cybersécurité et à la lutte contre la cybercriminalité. Le pays s’est également doté, en août 2025, d’une ordonnance relative à la digitalisation, qui consacre notamment des exigences en matière de sécurité, de confidentialité, d’intégrité et de disponibilité des informations.
Au-delà de l’arsenal juridique, la stratégie nationale repose également sur la responsabilisation de tous les acteurs de l’écosystème numérique. Administrations, entreprises, opérateurs et particuliers sont appelés à intégrer les bonnes pratiques de sécurité dans leurs usages quotidiens.
Dans cette démarche, le facteur humain demeure déterminant. Courriels suspects, liens frauduleux, demandes inhabituelles d’informations, tentatives d’usurpation d’identité ou sollicitations malveillantes par téléphone et messagerie constituent autant de vecteurs susceptibles d’être exploités par les cybercriminels.
La sensibilisation apparaît ainsi comme un pilier essentiel de la politique de cybersécurité. Aussi performants soient-ils, les dispositifs techniques de protection ne peuvent être pleinement efficaces sans l’adoption, par les utilisateurs, de comportements responsables et vigilants. Une simple erreur peut en effet suffire à ouvrir une brèche dans un système pourtant sécurisé.
Pour le Gouvernement, cette exigence prend une dimension particulière au regard de l’accélération de la transformation numérique du Gabon. Le développement des infrastructures et des services numériques doit nécessairement s’accompagner d’un renforcement continu de leur sécurisation. L’inauguration, en juillet 2026, du premier data center à Nkok, présenté comme une infrastructure contribuant à la souveraineté numérique nationale, illustre cette ambition.
À mesure que le Gabon poursuit sa transformation numérique, la protection des systèmes d’information devient ainsi un impératif stratégique. La multiplication des alertes et la survenue d’incidents cyber rappellent que la modernisation des services publics et de l’économie doit aller de pair avec une capacité accrue à prévenir, détecter et neutraliser les menaces.
À travers cette orientation, le Gouvernement entend inscrire la cybersécurité au cœur de la transformation numérique nationale, en privilégiant l’anticipation, la prévention et la responsabilisation collective. Une démarche qui vise à garantir la continuité des services publics, la protection des données sensibles et la confiance des citoyens dans les outils numériques.
Cette ambition s’inscrit pleinement dans la vision portée par le Président de la République, Chef de l’État, Son Excellence Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, qui place la modernisation de l’administration, la transformation numérique et le renforcement de la souveraineté nationale au cœur de l’action publique. Dans cette dynamique, faire du numérique un levier de développement implique également d’en faire un espace sûr, résilient et maîtrisé au service des citoyens, de l’économie et de l’intérêt général.
CYBERSÉCURITÉ : LE GOUVERNEMENT APPELLE À UNE VIGILANCE ACCRUE FACE AUX CYBERMENACES
7 septembre 2026- 0
- 7 vues