Invitée de l’émission spéciale « La Nuit des 100 jours » diffusée sur Gabon 1ère, la ministre des Affaires Sociales, chargée de la Protection de l’Enfance et de la Femme, Armande LONGO épouse MOULENGUI, a présenté les principales réalisations de son département ministériel ainsi que les priorités à venir en matière de protection sociale. Face aux nombreuses attentes des populations, notamment des femmes, des enfants en situation de vulnérabilité, des retraités et des assurés sociaux, la ministre a rappelé que son action s’inscrit dans le cadre de la feuille de route gouvernementale définie par le Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, S.E Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA.
Dès l’entame de son intervention, elle a exprimé sa reconnaissance au Chef de l’État pour la confiance placée en sa personne avant de présenter les six axes stratégiques de sa mission : la protection sociale des personnes vulnérables, la protection de l’enfance, la promotion des droits de la femme, le renforcement de la cohésion sociale, l’amélioration de la gouvernance sociale ainsi que le pilotage axé sur les résultats.
Renforcement des capacités d’accueil
La ministre a souligné les progrès enregistrés dans la prise en charge des personnes vulnérables grâce à l’augmentation du nombre de structures d’accueil. Le pays compte désormais 22 centres contre 18 en 2023. Parmi les nouvelles infrastructures figurent le centre d’accueil de Fougamou, doté de 40 lits, celui de Moanda réalisé en partenariat avec Comilog et les congrégations religieuses, ainsi qu’un centre en cours d’achèvement à Port-Gentil avec l’appui de Valco.
Le Centre d’Accueil et de Protection des Enfants en Difficulté Sociale (CAPEDS) d’Angondjé dispose quant à lui d’une capacité de 120 lits, dont moins de la moitié sont actuellement occupés.
Un meilleur ciblage des populations vulnérables
Abordant la question de la vulnérabilité sociale, Armande Longo Moulengui a rappelé qu’elle se manifeste sous plusieurs formes : économique, éducative, environnementale ou encore juridique. Afin d’améliorer l’efficacité des programmes d’assistance, le gouvernement déploie actuellement un Registre Social Unique avec l’appui de la Banque mondiale.
Cet outil permettra d’identifier avec précision les bénéficiaires et d’adapter les réponses aux besoins spécifiques de chaque catégorie sociale.
CNAMGS : des réformes pour restaurer l’équilibre
Concernant la Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de Garantie Sociale (CNAMGS), la ministre a reconnu l’ampleur des défis à relever. La structure affiche actuellement une dette estimée à 81 milliards de FCFA.
Pour y faire face, une task force gouvernementale a été mise en place sous la coordination du Vice-Président du Gouvernement. Plusieurs recommandations issues de la CIPRES sont progressivement appliquées, tandis qu’un comité de surveillance et de contrôle a été instauré en collaboration avec le ministère de l’Économie et des Finances.
Parallèlement, la digitalisation des services est engagée afin de renforcer la transparence, améliorer la gestion des bénéficiaires et limiter les doublons.
CNSS : des résultats encourageants
S’agissant de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), la ministre a indiqué que les réformes engagées commencent à produire leurs effets. Alors que la caisse enregistrait en 2024 un déficit de 55 milliards de FCFA, des mesures correctives, notamment l’ajustement du taux de cotisation, ont permis de renforcer sa stabilité financière.
Selon elle, les longues files d’attente observées autrefois pour le paiement des pensions ont considérablement diminué, signe d’une amélioration progressive de la situation.
Protection de l’enfance et inclusion
Sur la protection de l’enfance, Armande Longo Moulengui a rappelé le cadre légal qui encadre la lutte contre les violences faites aux mineurs. Le ministère poursuit également le contrôle des centres privés d’accueil afin de garantir le respect des normes sanitaires, sécuritaires et éducatives.
L’accompagnement psychologique et social des enfants victimes de violences demeure une priorité, à travers notamment les structures spécialisées comme le CAPEDS.
La ministre a également mis en avant les campagnes de sensibilisation menées à Oyem et Koulamoutou sur l’autisme et la trisomie 21. Ces actions ont permis de sensibiliser plus de 500 personnes dans chaque localité. Le gouvernement envisage désormais leur extension à l’ensemble du territoire national ainsi qu’une meilleure prise en compte du handicap dans la formation des enseignants.
Autonomisation économique des femmes
Dans le domaine de la promotion féminine, plusieurs initiatives ont été lancées pour favoriser l’autonomisation économique des femmes. Parmi elles figure un programme de formation destiné à 1 000 femmes, élaboré en partenariat avec l’ambassade du Brésil et le ministère des PME.
La ministre a également annoncé la volonté du gouvernement de réintroduire, dès le prochain exercice budgétaire, l’aide aux jeunes filles mères, suspendue depuis plusieurs années.
Modernisation du cadre réglementaire
Au cours de ces 100 premiers jours, une dizaine de textes réglementaires ont été révisés, notamment le texte organique du ministère. Ces réformes visent à adapter le cadre juridique aux exigences de la nouvelle Constitution et à renforcer l’efficacité de l’action sociale.
À travers ces différentes mesures, le gouvernement réaffirme sa volonté de bâtir un système de protection sociale plus performant, plus inclusif et davantage tourné vers les résultats, conformément à la vision portée par le Président de la République.


