LE GABON AFFIRME SA VISION D’UN HABITAT DURABLE AU 13E FORUM URBAIN MONDIAL DE BAKOU

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Du 17 au 22 mai 2026, la ville de Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, accueille la treizième session du Forum Urbain Mondial (WUF13), principal rendez-vous international consacré à l’urbanisation durable. Organisé conjointement par le Programme des Nations Unies pour les Établissements Humains (ONU-Habitat) et le Gouvernement de la République d’Azerbaïdjan, cet événement réunit près de 2 000 participants issus de plus de 130 pays autour du thème : « Loger le monde : des villes et communautés sûres et résilientes ». C’est dans ce cadre de haut niveau que Mays MOUISSI, Ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, a représenté la République Gabonaise, portant la voix d’un Gabon engagé dans une refondation ambitieuse de sa politique du logement et de l’aménagement urbain.

Un forum décisif à mi-parcours du Nouvel Agenda Urbain

Le Forum Urbain Mondial de Bakou intervient dans un contexte international particulièrement stratégique. Dix ans après l’adoption du Nouvel Agenda Urbain à Quito en 2016, cette rencontre constitue une étape majeure avant la revue de mi-parcours prévue en juillet prochain devant l’Assemblée Générale des Nations Unies à New York. Les conclusions des travaux, réunies dans le document final intitulé « Appel de Bakou à l’Action », viendront nourrir le rapport 2026 du Secrétaire général des Nations Unies sur la mise en œuvre du Nouvel Agenda Urbain.

Face à une crise mondiale du logement devenue structurelle (près de 3 milliards de personnes vivant dans des conditions inadéquates, dont plus de 1,1 milliard dans des établissements informels, tandis que plus de 300 millions sont sans abri) les échanges portent sur six grands dialogues stratégiques consacrés au logement comme droit humain, levier de gouvernance et moteur de résilience urbaine.

Le Gabon face à ses défis urbains : un diagnostic assumé

Prenant la parole au nom de la République Gabonaise, le Ministre Mays MOUISSI a posé un diagnostic lucide sur les réalités du continent et du pays. « Le monde traverse une crise de l’habitat sans précédent », a-t-il déclaré, soulignant qu’en Afrique, cette situation est aggravée par les enjeux énergétiques, avec près de 600 millions de personnes encore privées d’accès à l’électricité.

Le Gabon n’échappe pas à cette dynamique. Avec un taux d’urbanisation supérieur à 80 %, le pays fait face à un déficit structurel estimé à 300 000 unités de logement. À cette pression s’ajoutent les effets du changement climatique, notamment les inondations, l’érosion et les éboulements, qui fragilisent davantage les zones urbaines les plus vulnérables. Cette réalité confirme que la crise actuelle dépasse la seule question du bâti : elle interroge l’ensemble des systèmes urbains, leur gouvernance, leur résilience et leur capacité à garantir un cadre de vie digne et durable.

Une réforme de rupture portée au plus haut sommet de l’État

En réponse à ces défis, le Ministre du Logement a présenté la réforme structurelle engagée sous la Très Haute impulsion de Son Excellence Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, Président de la République, Chef de l’État, Chef du Gouvernement. Cette vision repose sur une ambition claire : restaurer la dignité des populations en garantissant à chaque citoyen l’accès à la propriété foncière, à un logement décent et aux services sociaux essentiels.

Plusieurs leviers concrets soutiennent cette transformation :

  • la création du Fonds Gabonais de l’Habitat et du Logement, destiné à assurer un financement durable du secteur ;
  • l’accélération des investissements à travers les partenariats public-privé, mobilisant déjà des opérateurs nationaux et internationaux de référence ;
  • le renforcement de l’offre foncière avec des milliers de parcelles disponibles sur l’ensemble du territoire ainsi que plusieurs programmes de logements en cours de construction ;
  • la planification stratégique du territoire, appuyée par une collaboration étroite avec la Banque mondiale, ayant permis la mise en place de Schémas Directeurs d’Aménagement et d’Urbanisme (SDAU) dans plusieurs chefs-lieux de province, tandis que les Plans d’Occupation des Sols (POS) sont en cours d’élaboration.

La donnée au service de la souveraineté urbaine

Au cœur de cette réforme, le Gabon place également la maîtrise de la donnée comme outil central de pilotage public. « On ne gère bien que ce que l’on mesure », a rappelé le Ministre, en présentant le Système de Collecte, d’Analyse et de Diffusion des Données Statistiques du Secteur de l’Habitat (SCADDHA). Ce dispositif stratégique, fondé sur plus de 250 indicateurs clés, couvre l’ensemble des dimensions du secteur : accessibilité, qualité de l’habitat, foncier, services de base, résilience et marché immobilier.

Le SCADDHA permettra au pays de disposer d’un véritable tableau de bord décisionnel afin de rationaliser les investissements publics, d’évaluer l’impact des politiques engagées et de renforcer l’attractivité du Gabon auprès des partenaires techniques et financiers internationaux. Cette approche rejoint pleinement l’appel lancé à Bakou par la Directrice exécutive d’ONU-Habitat, Anacláudia ROSSBACH, en faveur d’un consensus politique fondé sur des solutions intégrées, mesurables et durables.

Une diplomatie urbaine tournée vers l’action

Signataire du Nouvel Agenda Urbain de Quito, le Gabon poursuit activement sa coopération avec ONU-Habitat, notamment dans le cadre de l’élaboration de son futur Code de l’Urbanisme et de la Construction, destiné à traduire en droit interne les engagements internationaux du pays. « Le Gabon ne se contente pas de souscrire aux agendas internationaux. Il agit », a affirmé le Ministre, avant de lancer un appel fort à la solidarité internationale : « La résilience urbaine est un défi mondial qui appelle une solidarité sans faille ».

Bakou, le signal d’un Gabon bâtisseur

En portant à Bakou une vision à la fois ancrée dans les réalités nationales et résolument ouverte à la coopération multilatérale, Mays MOUISSI a confirmé l’engagement du Gabon dans la refondation des politiques publiques du logement.

À l’heure où les villes concentreront, d’ici 2050, près des deux tiers de la croissance démographique mondiale, le logement devient plus qu’un enjeu social : il constitue un levier de souveraineté, de stabilité et de développement durable. À Bakou, le Gabon n’est pas venu observer. Il est venu proposer, construire et affirmer sa place parmi les nations africaines qui façonnent dès aujourd’hui la ville de demain.

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