Lors du Conseil des Ministres du 5 janvier 2026, le Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, a instruit l’ensemble des membres du Gouvernement de lui soumettre, dans un délai d’un (1) mois, une feuille de route des cent (100) jours. Ces documents stratégiques s’inscrivent dans le cadre du projet de société présidentiel « Bâtissons des édifices nouveaux », du Plan National de Croissance et de Développement (PNCD) ainsi que du Plan d’Action Gouvernemental (PAG).
À cet effet, l’ensemble des feuilles de route a été présenté au Chef de l’État le 4 février 2026 par le Vice-Président du Gouvernement, Hermann IMMONGAULT, lors d’une audience tenue au Palais présidentiel.
Dans cette dynamique, le Ministère du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre a engagé une série d’actions structurantes, axées sur la régularisation foncière, l’aménagement des parcelles et l’accès au logement pour tous, avec pour ambition de répondre durablement aux besoins des populations.
Un constat clair : un déficit structurel en logements
Lors de son intervention dans l’émission « Le Gouvernement s’exprime » sur Gabon 24, le Ministre Mays Mouissi a dressé un état des lieux sans équivoque. Il a souligné que la majorité des Gabonais vivent dans des conditions de logement ne répondant pas aux standards requis, malgré l’existence d’habitations.
Il a également mis en évidence un déficit en logements évalué à plus de 200 milles l’unité, représentant le nombre de maisons décentes viables qu’il va falloir arriver à construire pour que les citoyens gabonais vivent dans des logements décents.
Après avoir énoncé cette réalité actuelle, Mays MOUISSI, a dit vouloir régler plusieurs problèmes au cours de ces 100 prochains jours, à savoir :
L’opération de régularisation foncière de masse : sécuriser la propriété
L’un des axes majeurs de cette feuille de route concerne l’opération de régularisation foncière de masse. De nombreux citoyens disposent de parcelles viabilisées et construites, mais restent en situation d’insécurité juridique faute de titre foncier.
Le ministère a ainsi engagé une dynamique ambitieuse visant à accélérer la délivrance des titres fonciers, historiquement très limitée, avec seulement 33 000 titres délivrés en plus d’un siècle. À ce jour, 5 224 décisions ont été déposées à la conservation foncière, tandis que les actes techniques préparatoires ont déjà été réalisés.
Dans les deux prochains mois, un nouveau contingent d’environ 5 000 dossiers supplémentaires devrait être traité, grâce au travail des équipes mobilisées, notamment au sein de l’ANUTTC.
Afin de faciliter l’accès à la propriété, le coût de la régularisation a été plafonné à 600 000 FCFA, quel que soit la valeur ou la superficie du terrain. Cette mesure vise à rendre la procédure accessible au plus grand nombre.
La délivrance d’un titre foncier permet non seulement de sécuriser juridiquement les biens, mais également de faciliter l’accès au crédit, de valoriser les terrains et de dynamiser le marché immobilier.
L’aménagement des parcelles : offrir un cadre de vie décent
Parallèlement à la sécurisation foncière, le Gouvernement a engagé un vaste programme d’aménagement de parcelles. L’objectif est de permettre aux citoyens d’accéder à des terrains viabilisés, intégrés dans un environnement urbain structuré et conforme aux normes d’urbanisme.
À ce jour, plus de 1 200 parcelles sont en cours d’aménagement. Elles seront progressivement mises à disposition des Gabonais, afin de favoriser leur relocalisation vers des zones adaptées et de les éloigner des milieux dits hostiles à l’urbanisation.
L’aménagement foncier constitue ainsi un levier stratégique pour offrir à chaque citoyen la possibilité de construire dans des conditions optimales, tout en contribuant à une meilleure organisation du tissu urbain.
Faciliter l’accès au logement : une approche inclusive et partenariale
Le troisième axe de la feuille de route concerne l’accès effectif au logement pour tous les Gabonais. À cet effet, des mécanismes innovants sont en cours d’élaboration, tant dans le secteur public que privé.
Dans le secteur public, une réflexion est engagée afin de permettre aux fonctionnaires bénéficiant d’une prime de logement de la convertir en un mécanisme d’accession à la propriété, sous forme de crédit immobilier. Des discussions sont en cours avec les établissements bancaires et les promoteurs immobiliers pour rendre ce dispositif opérationnel.
Dans le secteur privé, le Gouvernement encourage les entreprises à s’impliquer davantage dans le financement du logement de leurs salariés, à travers des dispositifs adaptés favorisant l’accès à la propriété.
Par ailleurs, le ministre Mays MOUISSI a tenu à clarifier un sujet important, celui des déguerpis de Plein-Orety. Ainsi, 200 familles ont été relogées dans des conditions sociales améliorées. Elles s’acquittent d’un loyer mensuel de 50 000 FCFA et bénéficieront, à terme, de la pleine propriété de leur logement. À cela s’ajoute la prise en charge des factures d’eau et d’électricité, traduisant un effort social significatif impulsé par les plus hautes autorités de l’État.
Cette démarche s’inscrit pleinement dans la volonté du Chef de l’État de garantir à chaque Gabonais l’accès à un logement décent, édifié sur un terrain viabilisé et assorti d’un titre foncier dûment établi.
Longtemps perçu comme difficile d’accès, voire hors de portée pour une grande partie de la population, ce document essentiel à la sécurisation de la propriété foncière est désormais replacé au cœur de l’action publique, avec l’ambition d’en faciliter durablement l’obtention sur l’ensemble du territoire national.

