Lors du Conseil des Ministres du 5 janvier 2026, le Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, a instruit l’ensemble des membres du Gouvernement de lui soumettre, dans un délai d’un (1) mois, une feuille de route des cent (100) jours, élaborée en cohérence avec le projet de société présidentiel « Bâtissons des édifices nouveaux » du Plan National de Croissance et de Développement (PNCD) et du Plan d’Action Gouvernemental (PAG).
À cet effet, l’ensemble des feuilles de route a été présenté au Chef de l’État le 4 février 2026, par le Vice-Président du Gouvernement, Hermann IMMONGAULT, à l’occasion d’une audience au Palais présidentiel.
Dans ce cadre, le Ministère des Transports, de la Marine Marchande, chargé de la Logistique, a décliné une série d’axes prioritaires pour une période de trois mois, de février à mai 2026, traduisant une volonté affirmée de modernisation et de transformation du secteur.
Réformes juridiques et transformation structurelle
En premier lieu, le ministère s’est engagé dans une révision complète du corpus juridique, afin de l’adapter aux exigences actuelles en matière de régulation, de sécurité et d’efficacité. Cette démarche vise à renforcer le cadre normatif du secteur et à garantir une meilleure gouvernance.
Par ailleurs, une attention particulière est accordée à la valorisation et à l’optimisation des ressources humaines, financières et matérielles, à travers la mise en œuvre d’une stratégie intégrée reposant notamment sur la digitalisation. À titre illustratif, le lancement du permis de conduire digitalisé est prévu pour le 24 mars 2026, avec des centres d’enrôlement déployés sur l’ensemble du territoire national.
Transport routier : sécurité et restructuration du secteur
Le ministère prévoit un renforcement significatif du parc roulant, avec l’acquisition de :
– 100 bus de 66 places,
– 25 bus de 30 places,
– 12 camions citernes (6 à essence et 6 à gasoil),
– 5 semi-remorques, ainsi que d’autres équipements complémentaires.
En matière de sécurité routière, plusieurs mesures structurantes sont envisagées : dotation en véhicules pour la Direction Générale de la Sécurité Routière, intensification des campagnes de sensibilisation, mise en place de systèmes de vidéoverbalisation à travers des radars, et création d’une fourrière pour lutter contre les stationnements irréguliers.
Par ailleurs, la fusion des entités Sogatra et Trans’Urb donnera naissance à une compagnie nationale unique de transport terrestre, compétente dans le transport de passagers, de VIP, de marchandises et d’hydrocarbures. Cette réforme devrait permettre de créer environ 3 000 emplois, contre 1 350 actuellement.
Transport ferroviaire : modernisation et sécurisation
Le secteur ferroviaire bénéficiera d’un programme de modernisation et de sécurisation des infrastructures, incluant la mise à niveau du rail (de 50 à 60 kg), le remplacement des traverses en bois par des traverses en béton et l’amélioration du ballast. Ces actions visent à renforcer la sécurité, la durabilité et la performance du réseau ferroviaire national.
Transport maritime : digitalisation et relance stratégique
Dans le domaine maritime, le ministère met l’accent sur la digitalisation des procédures, afin de garantir la transparence et la traçabilité financière. À compter de la fin du mois de mars 2026, l’ensemble des actes délivrés par la marine marchande sera entièrement digitalisé.
Par ailleurs, un plan de relance de la Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale est en cours, avec une stratégie d’investissement étalée sur 18 à 24 mois, incluant l’acquisition de plusieurs navires.
Le développement du port de Mangali, situé à proximité de Mayumba, constitue également un projet structurant. La première phase des travaux est déjà engagée, avec 80 mètres réalisés sur les 380 mètres prévus, dans un contexte d’exploitation prochaine de plusieurs ressources minières.
Transport aérien : accessibilité et infrastructures
S’agissant du transport aérien, une réflexion globale est engagée sur la politique nationale du transport aérien. Le programme de réhabilitation des infrastructures aéroportuaires est en cours, avec 6 aéroports sur 10 déjà réhabilités ou en voie de l’être, notamment à Lambaréné, Mouila, Mayumba et au terminal de Libreville.
La question du coût des billets d’avion fait l’objet d’un traitement interministériel, impliquant les ministères des Transports, du Tourisme et du Pétrole, en raison des facteurs liés aux agences de voyage et au coût du carburant aérien.
L’ensemble de ces actions s’inscrit dans la volonté du Chef de l’État d’insuffler une dynamique nouvelle, fondée sur des résultats concrets et mesurables, en matière de modernisation des infrastructures routières, portuaires, ferroviaires et aériennes.
Cette feuille de route témoigne ainsi d’une ambition claire : faire du secteur des transports un levier stratégique de développement économique, de mobilité et d’intégration nationale.

